Pour écrire un poème

Il faut bien peu de mots pour écrire un poème
De simples mots qui flânent qu’on cueille sur la grève
Des mots pierres d’étoiles qu’au vent du temps on sème
Des mots lettres d’espoirs d’un alphabet du rêve.

Ces mots arrangez-les en un bouquet du cœur
Ornez-les joliment du miel de l’émotion
Et laissez le bonheur et son souffle vainqueur
Les dorer de beauté de tendre passion.

Dans le cœur trempez-les !
Encore du cœur
Rien que du cœur !
Parfumez-les toujours
De la sincérité
Du vrai et de l’amour.

D’une douce musique qu’ils soient bien balancés
Que le lecteur s’en trouve emporté enlacé
Ciselez le détail qui ornera le tout
Votre poème grandit… le plaisir est au bout.

Dilemme du poète

Pour faire un poème j’ai tout

Une superbe langue
Tout un million de mots
Une vie luxuriante
Des passions bouillonnantes

Mais

L’inutile du présent
Le tumulte des élans
Le désordre du dedans
Le tourbillon de ce temps

Pour faire un poème je n’ai rien
——Roland ——-

Attention, danger : de bien jolis poèmes nous sont offerts sur ce blog. Mais presque tous demeurent sans écho ! Nous le savons trop bien, cette attitude s’interprète de diverses façons : le temps, réponse passe-partout, le manque d’habitude, réponse plus plausible et enfin la retenue, liée au risque de… déplaire.
Et pourtant, le partage n’est que minimum dans l’affichage. Il est bien plus riche dans le propos et l’opinion, dans l’avis et le point de vue, dans la critique et l’interrogation, dans la suggestion et la discussion.
Alors ! Et si l’on ouvrait ici une nouvelle rubrique rien que pour ceux qui le veulent bien? Je vous en propose un titre: « Mon grain de sel ». Dans cette rubrique, chacun s’exprimerait librement à propos de ce qu’il a lu, ici ou là sur ce blog. Chacun y dirait, y questionnerait, y répondrait sans barrière ni censure.
Qu’en pensez-vous ?
Si quelques-uns sont d’accord avec cette idée de « dialogues sur les mots », je veux bien ouvrir et amorcer la dite rubrique.
Merci d’avance
Roland ———————–

Adagio

Adagio

Sur la lagune
Les bleus océans
Se mire la lune
Les alizés troublants

Chantent sur la dune
Un air doux caressant
Les étoiles une à une
Irisent le ciel fluorescent

Symphonie nocturne
Adagio florissant
Les ombres dansent en passant
Démesurées sans honte aucune

Chassant le songe taciturne
Le désamour confessant
L’oubli de vieilles rancunes
Un soir de festin trop appétissant

Une mouette fêtarde importune
Le silence des agneaux naissants
Du pré salé sous l’œil de Saturne
Qui veille attendrissant

Ses pas de velours sur la callune
Là ou les amoureux passionnément
Cherchent un début de fortune
Premiers amours évanescents

 

 

 

Rémi dit Pilatom texte protégé 02/05/2017

 

Apocalyse

 

 

Le ciel est livide et mort
Les nuages ne parlent plus
Et stagnent, sombres et chargés
Les volcans crachent des langues de feu
Les montagnes font leur toilette
Aux cendres incandescentes

Les arbres isolés se cachent
Se plient pour résister
Les oiseaux se sont parés de noir
Refusant de voler
Beaucoup sont morts
L’orage gronde en silence
Dans la moiteur et la sueur salée
Quelques chiens efflanqués traînent
Pour une pitance aléatoire

Je suis blessé, baignant dans le sang
D’une indicible absence
Le vide, un gouffre, les abysses
La ville est sans rues
On a bradé les boulevards
A des inconnus trop argentés
Les magasins regorgent
D’étalages vides de tout

Les candélabres s’en moquent
Ils resteront là sans ciller
Croque morts sombres et hideux
N’ayant rien de mieux à faire
Les voici qui comptent les chauve souris
Arrivées en lançant des cris suraigus
Elles annoncent la nuit de l’apocalypse
J’ignore qui je suis, quelle importance
Tout le monde à fui
Vers une autre galaxie
Pour éviter le jugement dernier
Celui que l’on promet
Depuis que je suis né

La ville est squelettique
Les rats se sont réunis en conclave
Pour fêter l’événement
Il y a déjà des rixes entre bandes
Et quelques cadavres imbéciles
Qui jonchent les pavés
Je me réveille brusquement
Suffoquant, sursautant
La ville s’anime
Cinq heures sonnent
Au clocher du coin

 

Rémi dit Pilatom texte protégé 29/07/2017

 

 

Sentiments intrinsèques

Sentiments intrinsèques

Je vois dans tes yeux couleur du soir
Se lever des milliers de soleils,
Le désir me renvoie en miroir
L’hymen, espérance de merveilles.

A l’angle du regard, je devine
L’esquisse des sillons du bonheur
Et au bord de ma vie se dessine
La promesse d’amour sans frayeur.

Alors, chante aux rives de mon cœur
Le doux souvenir de tes caresses,
Éphémère murmure rêveur
Qu’accuse ma cruelle faiblesse.

Recluse, je t’aime avec mon âme
Comme je t’aimerai avec ma peau.
Qu’importe, pour toi seul, je m’enflamme
Avec la passion de tous tes Ô

Puis perdu, s’évanouir dans la brume
Au cœur d’une dérive d’errance
S’enfuit ton pas, pareil à l’écume
Sur le rivage de ma souffrance

Et le silence étrangle mes nuits,
Je ne suis qu’un mendiant de tendresse
Qui se meurt au jardin de l’oubli
Dans l’étiolement de sa détresse.

Voir le fantôme des illusions,
Vision dantesque de l’avenir,
S’unir, perfide, aux lois du talion.
Lors, j’étouffe l’ire en devenir.

Le Noroît rugit, gronde l’orage,
Dessous mes paupières la pluie roule.
Tu souffles feu et glace. Ô ! Rage !
Déverse ta haine sur la houle.

Entravé d’un désir assassin
J’aspire à la fureur de vengeance
Délire révolté d’un dessein
Gredin, dont l’engeance est déchéance

Sur le parchemin de mes envies
Je l’écris à l’encre de mes veines
Sourire figé du temps trahi
Je t’aime encore malgré ma peine

Gabrielle. E.

Maman

Qu’il est doux ce mot à répéter
Voile d’ange venu vous bercer
Mot tendre, un murmure enchanteur
Apaisant, qui efface les peurs
Et gonfle d’amour les cœurs d’enfants,
Le forgeron de nos sentiments.

Du plus profond de mon cœur d’enfant
J’ai cherché cet amour, cœur battant
J’ai tenté de forcer le destin
Afin que tu me tiennes la main
Et n’ai trouvé que vicissitudes
Défection, carence, solitude,

Puis le temps des immondices vient
Tu m’offres à l’homme qui est tien.
La brisure, descente aux enfers.
Le cœur s’assèche, blessure au fer.
Six années de calvaire et d’errance
Élans de haine et puis la souffrance.

Chaque soir était une terreur,
Avec le jour, supplice et douleur,
Le chantage affectif, la violence
Lot quotidien de l’adolescence.
Inhabitée, révoltée, perdue
Comme une esclave être vendue

Avant de trouver la liberté,
Machine d’enfants à fabriquer,
Solitaire, vaincue et brisée.
Au moins une fois m’as-tu aimée ?
Ô ! Maman, pourtant restée dévouée
Auprès de toi toutes ces années

En soutien, te soigner, te choyer,
Et ne t’ai jamais laissé tomber
J’ai beaucoup donné pour cet amour
Que je cherche encore et toujours.

A vouloir que soit le mot ‘’Maman’’
Égal à la tendresse et l’élan,
Consolation et que sais-je encore
Du manque d’amour qui me dévore.

Gabrielle. E.

OH SOUVENIRS!

Carmen crue,
As-tu lu ,
l’Impromptu.
Carmen crue,
Parla vertu ,
On est choqué,
A la vue d’un canapé.
Carmen crue,
Croque,
Le pet de nonne,
Bonne!
Carmen crue,
Hurluberlue,
T’as la berlue,
Dans la cohue,
Des malotrus.
Carmen crue,
T’es lassée,
Par Du Bellay.
Carmen crue,
Mets ta tenue,
Molière est fier,
De ta carrière.
Cervantes,
Est le bienvenu,
Point de refus!

Jeanne ou Christelle ou l’histoire d’un viol

 

Elle pourrait s’appeler Jeanne ou Christelle

Sourire d’un doux printemps, fleur fragile

Courant le guilledou, vêtue de dentelle

Insouciante innocence, belle et gracile

 

Une jeunesse comme les autres sans doute

Respirant l’air du large, ornant sa chambre

De posters préférés des stars qu’elle écoute

Du matin au soir, de janvier à décembre

 

Elle aurait dû connaître les premiers frissons

Un béguin chagrin, les taquineries sottes

De béjaunes, crête hérissée, polissons

Voulant s’affranchir de contraintes vieillottes

 

Elle les a imaginé à sa fenêtre

Les maux et souvenirs tourmentent son ventre

Elle est passé à côté, mètre par mètre

De ces années ou l’avenir se concentre

 

Pour devenir femme, épouse, une mère

Vivre comme ses amies, à qui elle n’a rien dit

Gardant dans ses entrailles, cette douleur amère

Se sent sale, s’imagine qu’on la répudie

 

Depuis vingt ans elle se mure de silence

Elle vous fait un rire triste et fugace

Victime acceptant la cruelle sentence

Coupable aux yeux de la bonne populace

 

D’être une traînée, la putain sans remords

Avec l’ignoble parent d’à côté, violeur

Celui qui a droit de vie, et surtout de mort

Bête immonde, sangsue, vampire du malheur

 

Sa vie, un plat fade sans odeur, sans saveur

Seule avec pour compagne cette intense douleur

Jeunesse souillée, d’un salopard dépuceleur

Aux mains tachées du crime, patenté jouisseur

 

Les braves complices gardent le lourd secret

Le nez bas dans leurs chaussures ridicules

La justice, un jour de lumière discret

Viendra lui tordre ses affreux testicules

 

Rémi dit Pilatom texte protégé 10/05/2017

L’absence

Je frappe à l’huis de ton absence
Porte close, froid et long silence
Rue déserte, les papiers souillés
Volent au vent des mots oubliés

Les candélabres géants erratiques
Figés diffusent leur ombre squelettique
Chargeant la nuit d’une lumière blafarde
Me donnent froid, m’engourdissent

La cité des rêves engloutis s’endort
Au son d’une cloche qui sonne, perdue
C’est l’heure des noctambules, des paumés
Qui déambulent errant au gré des rencontres
Vers des lieux de plaisir aux néons délavés

Je marche dans ma tête, insomniaque
Je contourne et retourne mes pensées
Réfute les fausses vérités, nie l’évidence
Pourquoi ne pas rester dans l’insouciance
Attendre un lendemain dans l’espérance

Le temps qui passe m’est insupportable
Quand me reviendras tu de cette odyssée
Me chanter les louanges de ton passé
Expurger sur mon épaule tes peines
Encore bien présentes, trop récentes

Le petit jour se lève à l’aube de mon espoir
Le soleil peine à sortir de son hivernage
J’attends l’arrivée de ton doux printemps
Je porterai tes valises remplies d’avenir
Chargées de souvenirs ambrés et colorés

Tu me dessineras tes voyages au gré
De tes amours perdues,  d’une passion
Le hasard d’une agréable rencontre

Tu m’écriras tes plus beaux poèmes
Je me laisserai bercer au gré de ta rime
J’aimerai me noyer dans tes flots parfumés
Naufragé volontaire échoué sur ton rivage
Je t’attends jolie et belle sirène