La Saison des Poètes

 

Il est tard, il s’adresse aux étoiles

Sourit à la Lune

Personne ne l’entend, ni ne l’écoute

Existe t’il vraiment

Le monde des gens pressés l’ignore

Il a façonné son univers

Seul dans ses doutes et turpitudes

 

Alors il écrit et s’écrie

Qu’il en restera peut être une trace

Des mots, quelques lignes

Ce recueil de pensées qu’il a façonné

De doutes et certitudes

De coups de gueule, de larmes aussi

 

Un coeur qui bat la chamade

Un Amour parti, un espoir

Des rêves improbables

Une joie furtive peut être

 

Il est tard, quelle importance

Le poète n’a pas sommeil

Il a trop à faire, trier ses idées

Dompter sa plume acerbe ou mélancolique

Au gré de ses émotions, de ses colères

 

Le voici qui s’indigne de l’injustice

S’adresse au vide sidéral qui l’entoure

Son corps ne lui appartient plus

Il est ailleurs loin d’ici, dans un autre monde

Celui des utopistes désintéressés

Qui n’ont pas l’absolu de l’argent

Se moquent des pantins de pouvoir

Égratignent, conspuent

Ou se rétractent, jouent avec les mots

Déclarent leur flamme en rimes

Dans un parterre de fleurs épanouies

 

Ô poète, je t’en supplie inonde moi

De tes écrits, enivre mon coeur

Ne t’arrête pas, je bois l’encre de tes mots

Jusqu’à en perdre la tête et mes sens

 

 

Rémi dit Pilatom texte protégé 14/03/2017

Soir de Mai ou d’Octobre

 

Il avait mis sa vie à vendre

Sur les petites annonces

Personne n’en avait voulu

Alors sans se retourner, il est parti un jour

Ne sait plus quand, ni vraiment comment

 

C’était un soir de mai, ou d’octobre

Cela n’a pas grande importance

La nuit porterait conseil

Protégé des étoiles, dans sa tête

Il choisit la Lune, pour marraine

 

Son printemps, devenu palette d’automne

Les couleurs chatoyantes, devenues ocres

Il s`est envolé enivré, homme oiseau

 

Celui qui croyait siffler sans fausse note

Maître supposé du temps, marche toujours

Marche encore dans l’univers diaphane

Des brumes opaques, sous le bras ses doutes

Qu’il réfute, rejette dans les profondeurs de l’oubli

 

Débordant de certitudes, s’en convainc

Où fait comme si, incertain de l’être

Qu’il n’est plus, sac à misère sur le dos

Rêves engloutis, perdus en chemin

Il les avait pourtant rangés, protégés

Ne pouvant pas lui échapper

Les cherche en vain, dans ses poches trouées

 

Alors pauvre hère, il avance en claudiquant

Au hasard des vents,

 

Il lui faut pourtant arriver, s’il était croyant

S’agenouillerait en suppliant le tout puissant

De le guider vers un horizon de lumière

Ou les fleurs de l’amour ont chassé celles du mal

 

Il aurait pu naître dans le satin, parents

Et gouvernante pour parfaire son éducation

Fréquenter les meilleures universités

Établir des relations avec les filles à papa

Avoir des enfants comme ceux d’en face

Aux mines réjouies, au regard propre

 

Sa vie n’était plus à vendre, il en fera don

 

Rémi dit Pilatom texte protégé le 01/03/2017

Dans ma bulle

 

Petit écrit dans ma bulle

Poésie de somnambule

Épinglant d’une fibule

Mes mots sans préambule

 

Mis bout à bout, ils véhiculent

Mes humeurs de noctambule

Pèle mêle, souvent sans virgule

Sans peur, d’en être ridicule

 

Je me sens funambule

Jouant de la particule

Jonglant sans recul

De manière incrédule

 

J’ironise, dénonce la crapule

Souhaitant qu’elle capitule

Paralysant ses mandibules

Pour ne plus qu’elle affabule

 

Chaque jour, j’extrais la fécule

De mes songes, la véhicule

La façonne, en un petit édicule

Au tic-tac de ma vieille pendule

 

Je peins l’éphémère à la spatule

Au hasard, les mots déambulent

J’en attrape certains qui gesticulent

D’autres s’échappent par le vestibule

 

Petit écrit dans ma bulle

Poésie de somnambule

Épinglant d’une fibule

Mes mots sans préambule

 

 

Rémi dit Pilatom texte protégé 07/03/2017

 

La cage

 

Je vais vous raconter, l’histoire de l’oiseau

Bel emplumé, au ramage étincelant

S’égosillant caché, derrière le roseau

Sifflant une mélodie, à l’air ensorcelant

 

Où haut perché paradait, ce grand musicien

Attirant les belles, qui n’avaient d’yeux que pour lui

Il s’en amusait, pas peu fier, devant les siens

Roi soleil d’un jour, prince d’un soir sous la pluie

 

Son talent attira bien des convoitises

Une jalousie de son proche voisinage

Qui le vilipenda, à maintes reprises

De cesser tout charme et cabotinage

 

Le maestro s’en moquait, chantant de plus belle

Accompagnant le printemps qui s’épanouissait

En livrée d’apparat, se montrait rebelle

Violettes et primevères applaudissaient

 

Tout ceci n’eut qu’un temps, l’oiseau on enferma

Dans une jolie cage dorée, d’aspect  cossu

Il mangea à satiété, et se transforma

Tournant tel un derviche, il devint pansu

 

Ne chantant plus, se murant dans le silence

Alors qu’hier l’envolée de trilles, tirades

Irisaient parcs et bois, avec insolence

Il devint fou, loin des galantes marrades

 

Perdant plumes de son costume d’apparat

Sa nippe n’étant plus qu’un habit décati

L’oiseau si fier, se tut à jamais pour de bon

On jeta son corps meurtri dans un champ d’orties

 

Rémi dit Pilatom texte protégé 10/03/2017

Liberté Egalité Fraternité et Parité (en hommage à la journée internationale de la femme)

 

Chaque jour nos penseurs inventent

Pourfendeurs et chantres de la bonne cause

Ils n’hésitent pas à créer et auréoler

Le jour symbole du combat, de la lutte

D’une inégalité, de cette ignoble injustice

Dont les journaux se font l’écho

Chacun parade en mots, en discours

 

L’idée pourrait être noble à condition

De tout mettre en œuvre pour annihiler

Ce que depuis la nuit des temps

Nous honorons par un jour de lutte

Quand ce n’est pas  » la commémoration »

D’un durable constat d’impuissance

 

Sur les frontons de nos mairies sont toujours écrits

Liberté, Égalité, Fraternité, alors pourquoi

Pourquoi la femme jusqu’à preuve du contraire

Aussi intelligente et capable que son homme

Subit-elle une discrimination salariale permanente

Est ce pour continuer chaque année à fêter l’événement

 

Il est de bon ton de célébrer la journée de la femme

Si ce n’est pas une parodie, nous en sommes tout prêt

C’est en tout cas un aveu grave et une complète incapacité

A réformer un système vacillant et à bout de souffle

Bricolé et non pas géré par des machos qui s’en défendent

Agrippés à leur fauteuil de moleskine usé, avachis

D’y être depuis trop longtemps à ironiser et palabrer

En cherchant dans les archives du temps passé

Un discours bien préparé, qui fera bien l’affaire cette année

 

Il est urgent d’attendre la réforme qui réformera

Indispensable de faire respecter la loi, faute de quoi

Les coupables s’exposeraient à être condamnés

Juste avant de partir en jetant leur dernier souffle

Aux victimes qui n’en peuvent plus de crier l’injustice

 

Quel est donc ce monde d’inégalités, de frustrations

Comment ose t’on dans un siècle dit  » de progrès  »

 

Dans un pays qui donne la leçon au monde entier

Considérer la femme comme  » un sous homme  »

 

Nous n’en sommes pas à une contradiction près

Marianne représente malgré ses maux le symbole de la République

Il est vrai que nous restons le pays des droits de l’homme *

Alors si quelques bonnes volontés voulaient

Nous rajouterions Femmes à cette symbolique

(° on fait référence à l’homme en général, la femme étant incluse )

 

Femmes (en hommage à la journée internationale des femmes)

 

Femme, déesse mère, fée adulée, aimante

Amante, bafouée, battue parfois

Sans toi l’homme se perd

Vite désemparé par un accroc

Aussi léger soit-il, souvent anodin

Il t’a donné à croquer la pomme

Afin de mieux te jeter l’opprobre

 

Pourtant dominateur voulant

Assouvir son pouvoir de mâle

Il règne en grand seigneur

Dirige sans partage le monde

Modifie sans réfléchir et sans coup férir

Les grands équilibres de la nature

 

S’arme de violence pour combattre

Ses pairs, renier son histoire

Pour des dogmes imbéciles

L’homme instaure la guerre

 

Depuis la nuit des temps, c’est ainsi

Invariablement avec toujours

La même et unique raison  » le pouvoir »

Dominer l’autre, le réduire à néant

Lui imposer sa vision tronquée

Faite d’un tissu de contre vérités

De mensonges, triste imbroglio

Dans lequel les dictateurs

Sont de vils rois bouffons

 

Et toi femme dans ce grand cirque

Quelle est ta place, une chaise vide

 

Tu n’es pas à la table des joueurs

Au royaume des grands imposteurs

Chez les tontons exportateurs

De famine et de joyeux massacres

 

 

Tu pleures le mari, l’ami disparu

Torturé, emprisonné d’avoir parlé

Soupçonné d’avoir pu penser

Se dire que la liberté pouvait exister

 

Tu cries ton malheur sur la dépouille

De ta chair, de ton sang, ton enfant

Qui git dans tes bras sans vie

Hier si remuant, débordant de vitalité

Innocente victime d’un mauvais film

Appelé  » Le carnage sanguinaire des abrutis  »

Il courait, jouait dans la cour des sans soucis

Avec ses copains à un drôle de jeu appelé « GUERRE  »

 

Rémi dit Pilatom texte protégé

Tango tango

 

Piste de danse voilée

Cabaret d’un autre âge, mité

Volutes de fumées bleutées

Lumière blafarde, fatiguée

Fauteuils éculés de rose délavé

 

Trois types accoudés

Le long du bar qui les tient

Les yeux cachés comme

Pour ne pas être vus

Par des verres teintés

Regardent pour se satisfaire

La piste de danse en fumant

Avalant comme par habitude

Une gorgée de whisky pur malt

Apaisant une bouche et un gosier

Lassés d’avoir assurément trop bu

 

Spectacle d’une nuit qui n’en finit pas

Romance de fêtards noctambules

Errance pour chasser les miasmes

D’une vie de rencontres improbables

Souvent de solitude, d’incertitude

 

Rythmique endiablée au son

Plaintif d’un bandonéon

Couple tango paso Argentin

 

Elsa se laisse porter, l’œil vif

Sa robe étroite rouge fendue

Laisse deviner une jolie plastique

 

Des jambes effilées collées à celles

De son bel hidalgo, cheveux plaqués

Chemise blanche et petit gilet serré

Pantalon noir, il entraine sa cavalière

Dans un mélo virevoltant, déroutant

 

Les escarpins de la belle jouent

Et se plaquent aux chaussures vernies

De son partenaire, qui n’a d’yeux

Que pour cette diablesse, danseuse de satin

 

 

Les gestes sont précis, mise en scène

Chorégraphie d’une parodie stylée

D’un tourbillon de pas réglés, millimétrés

Les deux corps liane sont en accord

Se plient et tournent au gré du tempo

Joute sensuelle arrivée à son paroxysme

Rythmée des spasmes saccadés du bandonéon

 

L’aube pointe son nez, la nuit s’estompe

Les  jouteurs épuisés d’une lutte charnelle

Simulacre et prémices d’un hymne à l’amour

S’arrêtent sur la dernière, l’ultime note finale

 

Un dernier verre au bar, les passagers de la nuit

S’évanouissent doucement comme par magie

D’un lieu symbole, d’où ils reviendront ou non

Selon les destins, les aventures, les naufrages

 

Demain à nouveau le tango sera roi, partagé

Par quelques aficionados qui glisseront

Sur la piste de danse entraînant une belle

 

Rémi dit Pilatom texte protégé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Reine d’acajou

Reine d’acajou

 

Un coeur brodé de dentelles
Tenu par une ficelle
Plane au vent, chante crécelle
Sa chemise sans bretelles

S’envoie en l’air, un cerf-volant
L’attraper, bel affriolant
Battant des ailes, l’ortolan
Monte vers le soleil brûlant

Dans l’azur de ses prunelles
Délicate coccinelle
Habillée tout en flanelle
Véritable Pimprenelle

Vêtue de ses beaux habits blancs
Ses cheveux volent ondulants
Sur ses épaules, dénudant
Le trouble du jeune galant

Elle voudrait poser toute nue
A jouer, sotte ingénue
Sur une pierre biscornue
Lui souhaiter la bienvenue

Visiter le jardin désir
Ses douceurs pouvoir les choisir
L’éphèbe voudrait s’en saisir
Déguster les fruits du plaisir

Un peu gauche, elle le conduit
Au doux pêché de chair, l’induit
A frôler son petit réduit
Et en titiller le produit

Timide, le rouge aux joues
N’ayant jamais vu de joujou
Peur de casser ce cher bijou
Aux fines couleurs d’ac

Reine d’acajou

 

Un coeur brodé de dentelles

Tenu par une ficelle

Plane au vent, chante crécelle

Sa chemise sans bretelles

 

S’envoie en l’air, un cerf-volant

L’attraper, bel affriolant

Battant des ailes, l’ortolan

Monte vers le soleil brûlant

 

Dans l’azur de ses prunelles

Délicate coccinelle

Habillée tout en flanelle

Véritable Pimprenelle

 

Vêtue de ses beaux habits blancs

Ses cheveux volent ondulants

Sur ses épaules, dénudant

Le trouble du jeune galant

 

Elle voudrait poser toute nue

A jouer, sotte ingénue

Sur une pierre biscornue

Lui souhaiter la bienvenue

 

Visiter le jardin désir

Ses douceurs pouvoir les choisir

L’éphèbe voudrait s’en saisir

Déguster les fruits du plaisir

 

Un peu gauche, elle le conduit

Au doux pêché de chair, l’induit

A frôler son petit réduit

Et en titiller le produit

 

Timide, le rouge aux joues

N’ayant jamais vu de joujou

Peur de casser ce cher bijou

Aux fines couleurs d’acajou

 

Rémi dit Pilatom 

Cueilleur d’étoiles

 

J’entre dans l’arène

Gladiateur des temps modernes

A la recherche d’un mortel combat

La foule s’amuse, ignorante cruelle

Friande de sang frais

 

J’aurai voulu être centurion

Armé du glaive de rédemption

Ou mieux encore l’Apollon

Maître des arts, chantre de jolies poésies

 

Celui qui sème paix et bonheur

Doux rêveur d’un combat perdu d’avance

Mon courage n’étant pas légendaire

Je ne suis pas adepte du sacrifice inutile

Donc ni héraut, et bien moins héros

 

J’ai peine à affronter les duels de basse cour

Ou la parade et les coups d’ergots

Donnent la primauté aux puissants

A la crête rouge et bien emplumés

Étouffant déjà ceux qui n’avaient rien à dire

 

Je me sens étranger, une pièce rajoutée

Du grand cirque des clowns tristes

Aux costumes trop bien coupés, trop gris

Orphelins d’idées, géniteurs stériles

 

J’ai envie de courir les espaces inconnus

Marcher en semelles de plomb

Chercher au fond des océans

Une autre humanité, un autre monde

 

J’ai envie d’aller cueillir les étoiles

D’en parler auparavant avec mon amie la lune

De nager dans la voie lactée

Oublier qu’il y a sur cette pauvre terre

Des hommes qui jouent à la guerre

 

Rémi dit Pilatom