Adagio

Adagio

Sur la lagune
Les bleus océans
Se mire la lune
Les alizés troublants

Chantent sur la dune
Un air doux caressant
Les étoiles une à une
Irisent le ciel fluorescent

Symphonie nocturne
Adagio florissant
Les ombres dansent en passant
Démesurées sans honte aucune

Chassant le songe taciturne
Le désamour confessant
L’oubli de vieilles rancunes
Un soir de festin trop appétissant

Une mouette fêtarde importune
Le silence des agneaux naissants
Du pré salé sous l’œil de Saturne
Qui veille attendrissant

Ses pas de velours sur la callune
Là ou les amoureux passionnément
Cherchent un début de fortune
Premiers amours évanescents

 

 

 

Rémi dit Pilatom texte protégé 02/05/2017

 

Acrostiche en rebond ETOILES

Etoiles au dessus de mon océan
Tantale je deviens, en perds la raison
Oppressé, mon cœur s’emballe
Ivre d’un désir, de folie
Les corps s’emballent dans une lutte
Enivrée, débridée, spasmes
Sans retenue, perdus dans le jardin d’ Eden

mot à utiliser : Eden

remicasse

J’écris poèmes, haïkus et citations

Acrostiche à rebond SURPRENANT

Surprenant, découvrir
Un amour juste de passage
Rêver ensemble de beaux moments
Partager un doux verbiage
Regarder l’autre dans les yeux
Enlever peu à peu ses vêtements
Nier les doutes, oublier les serments
Attendre que l’autre se dévoile
Nu chacun et sans défense
Tutoyer à nouveau les étoiles

mot à utiliser :  Etoiles

Régine Taron

Apocalyse

 

 

Le ciel est livide et mort
Les nuages ne parlent plus
Et stagnent, sombres et chargés
Les volcans crachent des langues de feu
Les montagnes font leur toilette
Aux cendres incandescentes

Les arbres isolés se cachent
Se plient pour résister
Les oiseaux se sont parés de noir
Refusant de voler
Beaucoup sont morts
L’orage gronde en silence
Dans la moiteur et la sueur salée
Quelques chiens efflanqués traînent
Pour une pitance aléatoire

Je suis blessé, baignant dans le sang
D’une indicible absence
Le vide, un gouffre, les abysses
La ville est sans rues
On a bradé les boulevards
A des inconnus trop argentés
Les magasins regorgent
D’étalages vides de tout

Les candélabres s’en moquent
Ils resteront là sans ciller
Croque morts sombres et hideux
N’ayant rien de mieux à faire
Les voici qui comptent les chauve souris
Arrivées en lançant des cris suraigus
Elles annoncent la nuit de l’apocalypse
J’ignore qui je suis, quelle importance
Tout le monde à fui
Vers une autre galaxie
Pour éviter le jugement dernier
Celui que l’on promet
Depuis que je suis né

La ville est squelettique
Les rats se sont réunis en conclave
Pour fêter l’événement
Il y a déjà des rixes entre bandes
Et quelques cadavres imbéciles
Qui jonchent les pavés
Je me réveille brusquement
Suffoquant, sursautant
La ville s’anime
Cinq heures sonnent
Au clocher du coin

 

Rémi dit Pilatom texte protégé 29/07/2017

 

 

Jeanne ou Christelle ou l’histoire d’un viol

 

Elle pourrait s’appeler Jeanne ou Christelle

Sourire d’un doux printemps, fleur fragile

Courant le guilledou, vêtue de dentelle

Insouciante innocence, belle et gracile

 

Une jeunesse comme les autres sans doute

Respirant l’air du large, ornant sa chambre

De posters préférés des stars qu’elle écoute

Du matin au soir, de janvier à décembre

 

Elle aurait dû connaître les premiers frissons

Un béguin chagrin, les taquineries sottes

De béjaunes, crête hérissée, polissons

Voulant s’affranchir de contraintes vieillottes

 

Elle les a imaginé à sa fenêtre

Les maux et souvenirs tourmentent son ventre

Elle est passé à côté, mètre par mètre

De ces années ou l’avenir se concentre

 

Pour devenir femme, épouse, une mère

Vivre comme ses amies, à qui elle n’a rien dit

Gardant dans ses entrailles, cette douleur amère

Se sent sale, s’imagine qu’on la répudie

 

Depuis vingt ans elle se mure de silence

Elle vous fait un rire triste et fugace

Victime acceptant la cruelle sentence

Coupable aux yeux de la bonne populace

 

D’être une traînée, la putain sans remords

Avec l’ignoble parent d’à côté, violeur

Celui qui a droit de vie, et surtout de mort

Bête immonde, sangsue, vampire du malheur

 

Sa vie, un plat fade sans odeur, sans saveur

Seule avec pour compagne cette intense douleur

Jeunesse souillée, d’un salopard dépuceleur

Aux mains tachées du crime, patenté jouisseur

 

Les braves complices gardent le lourd secret

Le nez bas dans leurs chaussures ridicules

La justice, un jour de lumière discret

Viendra lui tordre ses affreux testicules

 

Rémi dit Pilatom texte protégé 10/05/2017

L’absence

Je frappe à l’huis de ton absence
Porte close, froid et long silence
Rue déserte, les papiers souillés
Volent au vent des mots oubliés

Les candélabres géants erratiques
Figés diffusent leur ombre squelettique
Chargeant la nuit d’une lumière blafarde
Me donnent froid, m’engourdissent

La cité des rêves engloutis s’endort
Au son d’une cloche qui sonne, perdue
C’est l’heure des noctambules, des paumés
Qui déambulent errant au gré des rencontres
Vers des lieux de plaisir aux néons délavés

Je marche dans ma tête, insomniaque
Je contourne et retourne mes pensées
Réfute les fausses vérités, nie l’évidence
Pourquoi ne pas rester dans l’insouciance
Attendre un lendemain dans l’espérance

Le temps qui passe m’est insupportable
Quand me reviendras tu de cette odyssée
Me chanter les louanges de ton passé
Expurger sur mon épaule tes peines
Encore bien présentes, trop récentes

Le petit jour se lève à l’aube de mon espoir
Le soleil peine à sortir de son hivernage
J’attends l’arrivée de ton doux printemps
Je porterai tes valises remplies d’avenir
Chargées de souvenirs ambrés et colorés

Tu me dessineras tes voyages au gré
De tes amours perdues,  d’une passion
Le hasard d’une agréable rencontre

Tu m’écriras tes plus beaux poèmes
Je me laisserai bercer au gré de ta rime
J’aimerai me noyer dans tes flots parfumés
Naufragé volontaire échoué sur ton rivage
Je t’attends jolie et belle sirène

Le petit endroit

 

Comment ne pas lui rendre hommage 
Lui qui chaque jour vous reçoit céans


A toute heure, nuit et jour que Dieu fait
Il se soumet à vos pressants désirs 
Admire vos parties charnues 
Quelques fois velues 
Bronzées ou bien souvent laiteuses 
Cachées sous du petit linge par pudeur 
De peur d’en perdre les honneurs

Ce petit endroit est toujours discret 
Sauf après utilisation 
Et à la fin de vos ablutions 
Un bruit d’eau, une cascade
Viennent agrémenter et ponctuer le délestage

Les utilisateurs sont très différents 
Les uns n’y restent que l’espace d’un temps 
Les invités demandent toujours où c’est 
D’autres en font un salon de lecture
Et en éliminant la surcharge 
Se passionnent pour une revue spécialisée
Ou s’amusent d’une bande dessinée


Quand aux cruciverbistes 
Il est parfois nécessaire de les déloger

Afin de pouvoir se débarrasser 
De son pesant fardeau 


Que dire de ceux qui s’endorment 
Sur le trône en ronflant 
Probablement perdus 
Dans ce petit endroit si bien décrit 
Par Alfred de Musset à son Amour Georges

Alors mes amis je vous en prie 
Lorsque vous visiterez le petit coin
Surtout prenez en soin

  

Rémi dit Pilatom 
Texte protégé 8 avril 2017

Danse nocturne

 

Je marche sur le toit de mes pensées
Jusque là je n’avais osé
La peur du vide, d’un coeur stressé
Cueilli dans un jardin de rosée

Aux fleurs justes épanouies
De papillons, au vol réjoui
Les lilas blancs déjà évanouis
D’histoires à peine enfouies

J’y ai vu danser une  ombre
Drapée d’un voile de dentelle
Par une nuit sans lune, sombre
Striée par le vol de pipistrelles

Un piano égrène quelques notes en mesure
Donnant solennité à cette allégorie
S’échappant entrouverte de l’embrasure
Nocturne d’une folâtre fantasmagorie

Je me laissais bercer d’illusions
Équilibriste adepte du vertige
Penseur d’une histoire en fusion
Oiseau aux ailes sans rémiges

Mon jardin de somnambule
S’effondrait sous mes pas
Mal assurés de funambule
Tardif et inutile mea – culpa

Je pris froid de mes peurs renfrognées
Ce jardin soudain, devint maléfique
Mes rêves peu à peu se sont éloignés
D’une prose que j’aurai voulu féerique

J’enferme mes doutes à double tour
Mes angoisses sont à vendre
Ou bien deviendront pitance de vautours
Demain, à nouveau je devrais réapprendre

Rémi dit Pilatom texte protégé 22/03/2017