AU RISQUE DE TE CHOQUER, MA MERE

Je veux vivre pour ma mère qui n a jamais vécu
Je veux vivre pour ma mère
Gisant dans cette mort qui elle a attendue
Tu as eu O combien tort, ma mère
De t enliser dans les convenances
Les préjugés, ta religieuse bienséance .

A bas le poids des préceptes moraux
Abats, que diables, ces carcans féodaux.

Au risque de te choquer ma mère
Je veux user la chair de mes pieds
Sur les rocailleux sentiers, danser,
chanter à l écho des sommets
faire l amour avec les cieux
Embrasser goulûment les causes

Que mes yeux brillent de mille feux
Lorsque viendra l heure qu’ils se closent
Et par ton sang qui coule en moi
Jusqu’à ma mort, ma mère, tu vivras

LIBERTE

Les hommes n’ont de cesse que de te museler te bâillonner,
te mettre des fers aux pieds
te faire torturer par d’innommables geôliers

Loin de chez toi, ils t’ont parfois déportée
d’autres ont tenté lâchement de t’assassiner
Pourtant, éternelle Reine fière et insoumise
tu es le zénith de leur convoitise

ils te pleurent, te prient, te chantent et t’espèrent
les poètes te dédient leur chair et leurs vers
tu accompagnes les nuits froides des prisonniers

pour toi, les opprimés lèvent des armées…. Liberté !

◦ Jacqueline Hiver – 21 décembre 2014

La fable de la carte de voeux

le timbre s’exclamait, joyeux, bonne année, bonne année !

Mais sans moi, tu n’es rien, répondit l’enveloppe exaspérée !

La carte, toute vêtue de rouge et d’or, se mit à rire !

Mais sans moi, tu ne serais qu’enveloppe vide !

Le stylo, tel un scribe, notait fidèlement leurs propos.

Avant de mettre le point final, il leur fit remarquer :

Sans moi, carte, pour te couvrir de jolis mots

et toi, enveloppe pour indiquer les coordonnées,

partiriez-vous au delà de ce buffet ?

sans vous, sortirais-je de mon plumier ?

Alors, au lieu de nous chamailler

unissons nous pour célébrer la Nouvelle Année  !