Les chemins de l’écriture

Aventure sans cesse appelée, redoutée
En rubans indécis les longs serpents de mots
Page nue sans entrave, étalent leurs grands flots
Torture bien souvent finissant en beauté.

Mépris des petitesses et des mauvaises herbes
Étoiles du plaisir bien au-delà du dire
Désir redécouvert au hasard du désert
Renaissance du verbe qui se lance superbe.

Envies et émotions colorant les saisons
Cahiers surencombrés lignes gorgées de sève
Infini d’évasion loin de toutes raisons
Richesses espérées, humanité de rêve.

Tunnel de noir profond assoiffé de lumière
Court moment de répit dans un monde en souffrance
Retour sur une enfance, rupture d’indifférence
Espaces de temps rares, heures bleues où j’espère
—– Roland ——

Le petit endroit

 

Comment ne pas lui rendre hommage 
Lui qui chaque jour vous reçoit céans


A toute heure, nuit et jour que Dieu fait
Il se soumet à vos pressants désirs 
Admire vos parties charnues 
Quelques fois velues 
Bronzées ou bien souvent laiteuses 
Cachées sous du petit linge par pudeur 
De peur d’en perdre les honneurs

Ce petit endroit est toujours discret 
Sauf après utilisation 
Et à la fin de vos ablutions 
Un bruit d’eau, une cascade
Viennent agrémenter et ponctuer le délestage

Les utilisateurs sont très différents 
Les uns n’y restent que l’espace d’un temps 
Les invités demandent toujours où c’est 
D’autres en font un salon de lecture
Et en éliminant la surcharge 
Se passionnent pour une revue spécialisée
Ou s’amusent d’une bande dessinée


Quand aux cruciverbistes 
Il est parfois nécessaire de les déloger

Afin de pouvoir se débarrasser 
De son pesant fardeau 


Que dire de ceux qui s’endorment 
Sur le trône en ronflant 
Probablement perdus 
Dans ce petit endroit si bien décrit 
Par Alfred de Musset à son Amour Georges

Alors mes amis je vous en prie 
Lorsque vous visiterez le petit coin
Surtout prenez en soin

  

Rémi dit Pilatom 
Texte protégé 8 avril 2017

La jeunesse

Un poème écrit à l’occasion de l’atelier slam que j’anime au collège, à partir de l’observation des autres jeunes qui m’entourent.
Roland ——————————-

Être jeune,
C’est goûter le présent sans souci du comment
Aimer la dérision, vivre de certitudes
Faire fleurir un printemps qui se fiche du temps
Ne voir en sa jeunesse qu’un tissu d’habitudes.

Arroser chaque soir l’espoir et la folie
Quêter dans les étoiles un nouveau Père Noël
Espérer l’oiseau bleu porteur de l’embellie
Miser sur le futur d’un Monde moins cruel.

Être jeune,
C’est coller à l’exemple trouvé sur le chemin
Exemple salutaire autant que délétère
Et s’en faire un repère, étoile de marin
A suivre s’il le faut sans redouter l’enfer.

C’est s’offrir à tous vents, comme dans le désert
C’est croire que vouloir peut aller sans patience
C’est boire aux sources claires comme aux flots mortifères.
Et pousser son sillon en comptant sur la chance.

Être jeune,
Ignorer les leçons et rejeter les contes
Des bradeurs de morale, ventres ronds, teints vermeils
Ceux qui barrent les routes à l’entrée des envies

Ceux dont le grand souci est leur niveau de comptes
Et le rôle public de vendre des conseils !
Les jeunes sont ailleurs. Ils façonnent leurs vies.

Être jeune,
Ah, la belle cathédrale !
Une richesse vraie que crime est d’ignorer
Fortune précieuse qu’on ne peut piétiner
Où le rêve s’accouple à la réalité
Pour chasser le fatal.

 

 

HOMMAGE A CAMILLE CLAUDEL

Camille, tu frémis.
Rodin, je t’appartiens.
Tu sculptes à merveille.
Toi et tes conseils.
Pourquoi ne fais tu plus rien?
J’ai peur des miens.
Ta mère est sans cœur.
Elle crains mes humeurs.
Ton souffle, ton corps nu.
Un moment défendu.
Je suis repu.
Et moi, têtu.
Je m’en étais aperçu.
Ne sois pas déçu.
Je t’aime, mon exclue.