DISCORDE

Histoire de dire des mots,

Mots de tendresse et noms d’oiseaux.

De la paresse à l’assaut,

Sans cesse, l’eau coule à flot.

Sur les joues, des caresses,

Qui ne cessent d’être maux.

La sècheresse des cœurs,

Fait traître les damoiseaux.

Préparons les rameaux.

Pas si bête, le chameau,

Qui secoue la tête,

Pour s’abreuver au ruisseau.

Qu’il fait bon vivre,

Dans la plaine de Crau.

Hello!

A MA PROFESSEUR DE THEATRE

Le temps passe,
Les traits n’effacent pas les années.
Dotée de classes aménagées,
Tu te déplaces,
En surface,
Dans la cité.
Dans la bourrasque,
Les comédiens se tassent.
Tu soutiens leurs carapaces,
Avec maintien.
Sur la scène,Madame sans gêne,
S’imprègne de son phrasé.
Tu aimes les amours qui délassent,
Et les mœurs des baladins.
Molière enterré,sans frasques,
A sa place glorifiée par ta trace.
Tombent les masques des préjugés,
Avec toi, tout est voué,
A la farce.
C’est toi qui la ressuscité,
Avec fierté et audace.
Que de grâce pour le jouer!

AH LES SOIGNANTS!

Il lui bande les seins,
Maux d’intestins!
Elle est mal à l’aise,
Devant ce balaise,
Qui baise au matin.
Tiens, le médecin!
Un praticien.
Au rapport succinct.
L’infermière en colère,
Me fait des misères,
Et me contraint.
Par quel mystère,
Se fait la guerre,
Aux assassins!
Comme affaire,
Le bien commun!
Mais France Inter,
N’y est pour rien.
C’est France Culture,
Qui vous l’assure,
Comme un soutient.

Tango tango

 

Piste de danse voilée

Cabaret d’un autre âge, mité

Volutes de fumées bleutées

Lumière blafarde, fatiguée

Fauteuils éculés de rose délavé

 

Trois types accoudés

Le long du bar qui les tient

Les yeux cachés comme

Pour ne pas être vus

Par des verres teintés

Regardent pour se satisfaire

La piste de danse en fumant

Avalant comme par habitude

Une gorgée de whisky pur malt

Apaisant une bouche et un gosier

Lassés d’avoir assurément trop bu

 

Spectacle d’une nuit qui n’en finit pas

Romance de fêtards noctambules

Errance pour chasser les miasmes

D’une vie de rencontres improbables

Souvent de solitude, d’incertitude

 

Rythmique endiablée au son

Plaintif d’un bandonéon

Couple tango paso Argentin

 

Elsa se laisse porter, l’œil vif

Sa robe étroite rouge fendue

Laisse deviner une jolie plastique

 

Des jambes effilées collées à celles

De son bel hidalgo, cheveux plaqués

Chemise blanche et petit gilet serré

Pantalon noir, il entraine sa cavalière

Dans un mélo virevoltant, déroutant

 

Les escarpins de la belle jouent

Et se plaquent aux chaussures vernies

De son partenaire, qui n’a d’yeux

Que pour cette diablesse, danseuse de satin

 

 

Les gestes sont précis, mise en scène

Chorégraphie d’une parodie stylée

D’un tourbillon de pas réglés, millimétrés

Les deux corps liane sont en accord

Se plient et tournent au gré du tempo

Joute sensuelle arrivée à son paroxysme

Rythmée des spasmes saccadés du bandonéon

 

L’aube pointe son nez, la nuit s’estompe

Les  jouteurs épuisés d’une lutte charnelle

Simulacre et prémices d’un hymne à l’amour

S’arrêtent sur la dernière, l’ultime note finale

 

Un dernier verre au bar, les passagers de la nuit

S’évanouissent doucement comme par magie

D’un lieu symbole, d’où ils reviendront ou non

Selon les destins, les aventures, les naufrages

 

Demain à nouveau le tango sera roi, partagé

Par quelques aficionados qui glisseront

Sur la piste de danse entraînant une belle

 

Rémi dit Pilatom texte protégé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un cri s’élève

Toi, France ! Tu me trahis !
Ecoute ! Déjà résonne
Ton esprit qui déraisonne.

Poète du monde, je suis
Touché, blessé plein cœur
Liberté chérie
Sans toi, je dépéris.

Peu à peu, chaque jour, je meurs.
France égarée, perdue,
Où est ta terre accueillante ;
Faut-il fuir la peur au ventre ;
Qu’es-tu devenue ?

Oubliés les sourires…
Non loin se dessine l’ombre
D’un devenir très sombre
Férocité d’un empire.

Les cris d’opprimés éclatent,
Des chaînes, bruit insolite,
Bâillonnent l’homme qui milite,
Dans les champs, les fusils claquent.

Les geôles, libérées de malfrats
S’emplissent … de résistants ;
De réfugiés résidents ;
De simples défenseurs du droit.

Tout condamné a son étoile
De l ‘émigré au simplet
Passant par d’autre sujet.

Le dictateur se dévoile,
Les inutiles disparaissent
Sans bruit, sans sursis, dans l’oubli.

Le calvaire de la misère surgit
Sans liberté maîtresse.
France ! Rappelle-toi !

Faut-il reprendre la lutte
Pour que cesse cette dispute ?
Pourtant moi, je crois en toi !

France ! Relève le défi,
Réagis, retrouve ton honneur,
Lave, les souillures et les peurs,
De ton sol, chasse la xénophobie !

Gabrielle . E.