Un poète italien d’aujourd’hui

Preghiera laica
Mare nostro che non sei nei cieli,
e abbracci i confini dell’isola e del mondo
sia benedetto il tuo sale,
sia benedetto il tuo fondale,
accogli le gremite imbarcazioni
senza una strada sopra le tue onde,
i pescatori usciti nella notte,
le loro reti tra le tue creature,
che tornano al mattino con la pesca
dei naufraghi salvati.

Mare nostro che non sei nei cieli,
all’alba sei colore del frumento
al tramonto dell’uva di vendemmia.
ti abbiamo seminato di annegati più di
qualunque età delle tempeste.

Mare Nostro che non sei nei cieli,
tu sei più giusto della terra ferma
pure quando sollevi onde a muraglia
poi le abbassi a tappeto.
Custodisci le vite, le visite cadute
come foglie sul viale,
fai da autunno per loro,
da carezza, da abbraccio, bacio in fronte,
di madre e padre prima di partire.
Erri de Lucca
Ce poète est un Napolitain avec qui j’ai eu la chance d’être en contacts. Poète engagé dans son époque, il collabore régulièrement avec des grands journaux italiens. J’aime particulièrement ce poème parce qu’il rend hommage au grand cimetière marin qu’est devenue notre Méditerranée.
Ce poème a été écrit au lendemain du naufrage du 19 avril 2015 (8 à 900 morts).

Prière laïque
Notre mer qui n’es pas aux cieux
et qui de ton sel embrasses
les limites de ton île et du monde,
que ton sel soit béni
que ton fond soit béni
accueille les embarcations bondées
sans route sur tes vagues,
les pêcheurs sortis de la nuit,
et leurs filets parmi les créatures,
qui retournent au matin avec leur pêche
de naufragés sauvés.

Notre mer qui n’es pas aux cieux,
à l’aube tu es couleur de blé
au crépuscule du raisin des vendanges
nous t’avons semée de noyés plus que
n’importe quel âge des tempêtes.

Notre mer qui n’es pas aux cieux,
tu es plus juste que la terre ferme
même à soulever des murs de vagues
que tu abats en tapis.
Garde les vies, les visites tombées
comme des feuilles sur une allée,
sois leur un automne,
une caresse, des bras, un baiser sur le front,
de père et mère avant de partir.
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Entre France et Italie

Nadine Léon est une italienne adhérente de l’association. Elle a déjà publié sur ce blog. Avec son accord, nous décidons d’ouvrir une catégorie France-Italie où nous ambitionnons de faire une place à la poésie et aux poètes d’Italie. Découvertes réciproques, partage de nos idées et de nos goûts, apprentissages l’un de l’autre, voilà quel est notre objectif. Et avec, comme toujours, nos principes fondateurs : plaisir et liberté, ouverture et diversité !
Merci, Nadine. Et plein succès à ce nouveau « pont de mots »  transalpin !
Roland ————
Nadine Léon è un’italiana aderente dell’associazione. Ha pubblicato già su questo blog. Col suo accordo, decidiamo di aprire una categoria Francia-Italia dove ambiamo di fare un posto alla poesia ed ai poeti dell’Italia.
Scoperte reciproche, divisione delle nostre idee e dei nostri gusti, apprendistati uno dell’altro, ecco che è il nostro obiettivo. E con, come sempre, i nostri principi fondatori: piacere e libertà, apertura e diversità!

Grazie Nadine. E pieno successo a questo nuovo « ponte di parole » transalpine!

Bienvenue à tous et toutes

Bonjour,

Bienvenue à toutes et tous sur ce blog de votre association Paroles de Poètes. Il est ouvert aux paroles des poètes du monde entier sans aucune discrimination.
Cependant, il a une ambition toute particulière. Bien plus que les poèmes, il attend aussi et surtout les poètes, de chair et de cœur !
Il veut faire ici ce qui ne se fait nullement part ailleurs: que les poètes s’expriment, eux, et qu’ils se causent entre eux.
Pas avec une réponse de circonstance sur le poème que l’on vient de lire, mais avec une réflexion libre et ouverte, un avis et des questions, un point de vue et des suggestions, etc.
Que chaque lecteur dise comment il apprécie et juge le poème qu’il commente.
Qu’il dise comment il le ressent et le comprend ou ne le comprends pas. qu’il dise ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas, ce qui l’accroche ou le gêne. Qu’il pose les questions de son choix: « pourquoi comme ceci » ou « pourquoi cela ».

Que chaque auteur accepte tel ou tel désaccord d’un lecteur, telle ou telle remarque ou interrogation.
Qu’il s’efforce aussi de présenter son poème : son point de départ, son écriture, les intentions de l’auteur, ses choix d’écriture, ses difficultés, etc.

Que chacun sache que seule cette ouverture par  l’expression et la réflexion de chacun donnera à ce blog une utilité et un intérêt spécifiques.
Faites vos propositions pour nous aider à construire ce véritable « dialogue entre poètes ».
C’est avec le « grain de sel » et les avis de chacun que nous bâtirons ce club de poètes, un club autour de leurs paroles de poètes.

Roland ————-

Un jour après le salon du livre à Oloron Sainte Marie

Salon du livre « sans frontière » 

En dehors  du fait que Roland et Cloé soient arrivés trop tard pour partager le repas des auteurs et que ce soit de ma faute car…

En dehors du fait que j’avais oublié mon portable, mis en sourdine dans mon panier…mais  oui je sais ce n’est pas une excuse!

Avec le fait de leur présence à tous les deux , ainsi que celle de Tatiana…

Nous sommes d’accord pour dire que ce fut un beau et bon salon du livre à Oloron d’où sont nées plusieurs idées que vous verrez bientôt naître en mots et en actions!

Alors à bientôt n’est-ce pas?

amicalement vôtre

Joëlle

Poésie

Au bord du chemin

Usées par les chemins, de routes sans issues
Ses semelles d’avoir sûrement trop pensé
Errance d’un fatal oubli, coup de massue
Blessent son cœur froissé, d’un parcours insensé

Son soleil de minuit, n’a jamais d’aurore
Ses étoiles sont rangées en chambre noire
Son amie la lune, couleur d’héliodore
S’est envolée, abandonnant son vieux perchoir

Vide effronté, débordant de silences
Blizzard écorchant, son visage trop blafard
Sans doute le trop plein de cette absence
La marche du calvaire, marche du cafard

Silhouette furtive, dans l’épais brouillard
Pauvre riche, marchand en amères déceptions
Il n’a pas d’étal pour vendre aux pillards
Vandales aux mains sales de la corruption

Il a perdu son nom, sans doute pour de bon
On lui a volé, peut être un soir d’été
Le soleil obligeant, lui offrait des bonbons
Afin de passer un hiver sans anxiété

La friandise fondue, le voici tout nu
Ruiné, dépossédé de ce qu’il a construit
Les pieds et mains liés de cette déconvenue
La croix du sacrifice, d’un univers détruit

Il s’en va sans se retourner, vers l’inconnu
Pour de lointaines galaxies d’un autre temps
L’espace des morts vivants sa déconvenue
La bas il est devenu roi, c’est le printemps

Rémi dit Pilatom texte protégé 20/01/2017

 

Elle m’a quitté

Elle m’a quitté

Tous savaient, attendaient… Elle m’a quitté hier soir
très tard, sans faire de bruit, avalée par la fête
de l’autre… sans un mot, résolue, sans bonsoir
sourde à mes tristesses, libérée, satisfaite.

Nous étions si proches et nos destins construits
pour une vie ensemble ni heureuse ni sombre
rythmée de joies, bonheurs, larmes, ou ennuis
mais nous cohabitions, intimes, sans encombres.

Elle savait tout donner et pouvait tout prendre
de nos destins unis trouvant en chaque instant
sa métamorphose douce et parfois tendre…
Ensemble nous étions de ces couples exaltants.

Mais Chronos proféra ses dégâts renégats.
Elle m’a quitté hier soir et je me désespère
On ne se verra plus. Terminée la saga.
Naît l’année suivante espérée plus prospère.

Elle m’a quitté, elle est partie, elle me manque
La future, la nouvelle, amorce son passé
et prend connaissance, éclipsée dans sa planque,
de tout l’héritage, sans choisir ni casser.

Des amis la voient eux plus belle en devenir.
Moi je me dis fidèle à tous mes souvenirs
mais je ne crache pas sur la nouvelle ânée
à la moindre faute je risque son avoinée…

Alors, je nous la souhaite bien sûr parfaite
mais attention. La déesse de l’amour Aphrodite
sait être agressive détruire les unions
quand l’année se mêle de nos déprédations.

L’année nouvelle se fête en belles invitations,
nos desseins nos désirs remis à cet allié
en appels enflammés en projets journaliers.
On la convie ? Elle et nos plus belles passions !

AUBE Poésie de l’hiver

La nuit, lente
ne compte plus
ses heures
L’aube l’effleure
– caresse de clarté –
et déjà l’ombre s’enfuit

Un jour se lève
au-dessus des rêves embués
Pourquoi le monde
est-il si gris ?

Le jour écarquille les yeux, ébahis

La brume a envahi l’espace
d’entre les cœurs
Ses gouttes de vapeurs
emprisonnent l’horizon
d’une étrange torpeur

*
horizon perdu
sous voile de brume ~
les dernières feuilles sèches

*
un faisceau de rose
entre la grisaille
de la brume et du ciel ~ l’aube

**

— Nadine L.