Alda Merini

Viene il mattino azzurro
nel nostro padiglione:
sulle panche di sole
e di crudissimo legno
siedono gli ammalati,
non hanno nulla da dire,
odorano anch’essi di legno,
non hanno ossa nè vita,
stan lì con le mani
inchiodate nel grembo
a guardare fissi la terra.

Non avrei potuto
scrivere in quel momento
nulla che riguardasse i fiori
perché io stessa
ero diventata un fiore,
io stessa avevo
un gambo e una linfa.

Alda Merini

Vint le matin bleu
dans notre pavillon :
sur les bancs de soleil
et de bois très cru
s’assoient les malades,
ils n’ont rien à dire,
eux aussi sentent le bois,
ils n’ont pas d’os ni de vie,
ils sont là les mains
clouées sur le ventre
le regard fixe sur la terre.

Je n’aurais pu
écrire à cette époque
rien de ce qui concerne les fleurs
parce que moi-même
j’étais devenue fleur,
moi-même j’avais
une tige et de la sève.

-Alda Merini

Alda Merini est une grande dame de la poésie italienne née le 21 mars 1931 à Milan, décédée en 2009. Elle souffrait périodiquement de troubles mentaux qui lui valurent des séjours en hôpital psychiatrique. Sa poésie était simple et claire, une poésie entre sentiments et folie, écrite en vers libres.

(traduction de NLéon)

Révélation

Soudain….

elle s’est rencontrée dans ce miroir

Son regard timide rencontra le Sien !

Il lui avait donné vie et réalité,

Finesse et sensualité…

Sculpteur de l’instant,

Il avait retenu sa beauté

Qu’elle ne voyait pas !

Soudain…

elle s’est vue dans ce miroir,

les formes d’où émanait sa vie :

ses douleurs vécue, ses joies,

ses bonheurs encore à venir !

Il l’avait sculptée belle,

L’avait formée humble et discrète,

Modelée dans son intime présent.

Soudain…

Elle s’est contemplée dans ce miroir

Que le sculpteur lui offrait !

Vois ! Regarde qui tu es !

Je te révèle ton âme

Qui flotte comme une auréole

et que mes doigts ont su retenir,

Vois en ce miroir la révélation !

Jdl

Cueilleur d’étoiles

 

J’entre dans l’arène

Gladiateur des temps modernes

A la recherche d’un mortel combat

La foule s’amuse, ignorante cruelle

Friande de sang frais

 

J’aurai voulu être centurion

Armé du glaive de rédemption

Ou mieux encore l’Apollon

Maître des arts, chantre de jolies poésies

 

Celui qui sème paix et bonheur

Doux rêveur d’un combat perdu d’avance

Mon courage n’étant pas légendaire

Je ne suis pas adepte du sacrifice inutile

Donc ni héraut, et bien moins héros

 

J’ai peine à affronter les duels de basse cour

Ou la parade et les coups d’ergots

Donnent la primauté aux puissants

A la crête rouge et bien emplumés

Étouffant déjà ceux qui n’avaient rien à dire

 

Je me sens étranger, une pièce rajoutée

Du grand cirque des clowns tristes

Aux costumes trop bien coupés, trop gris

Orphelins d’idées, géniteurs stériles

 

J’ai envie de courir les espaces inconnus

Marcher en semelles de plomb

Chercher au fond des océans

Une autre humanité, un autre monde

 

J’ai envie d’aller cueillir les étoiles

D’en parler auparavant avec mon amie la lune

De nager dans la voie lactée

Oublier qu’il y a sur cette pauvre terre

Des hommes qui jouent à la guerre

 

Rémi dit Pilatom

Libre plume

 

Ecrire sans réfléchir

Partir sans se retenir

Ma plume est en goguette

Un peu folle

 

Tantôt distraite

Soudain tristounette

La voici guillerette

Prête à s’affranchir

De mots retenus

Du joli monde

Des propres sur eux

 

La coquine joue

Ose, jongle

La Fripouille chatouille

Les oreilles des plus chastes

Taquine les mégères

Offusque les oies blanches

Bafoue les codes établis

 

Vous n’aurez pas ma plume

Vous ne l’achèterez pas

Elle n’est pas à vendre

Ne se prostitue pas

Ce n’est pas une plume de joie

Ne vous y trompez pas

 

Et prenez garde

Elle est capable de vous écorcher

Si vous la titillez

 

Alors un conseil

Dites lui qu’elle est belle

La plus fine, la plus agile

Elle se fera pour vous

Câline, lutine, divine

Reine des mots doux

Aimante et amante

Reine de la prose

 

Rémi dit Pilatom texte protégé 09/02/2017

Parfum méditerranéen

 

Lumière de l’Esterel

Aux essences de jasmin

Ocre sont les rochers

De mes douces pensées

 

J’erre en flânant sur le port

Inondé de ton parfum

Aux essences citronnées

Seul je le suis pourtant

Avec ton ombre galante

Qui me parle tout bas

A l’oreille : des mots

Des couleurs aussi

Le bleu pastel

Le rouge des barquettes

Indolentes qui dorment

Paisiblement sans bruit

Avec de temps à autre

Un léger cliquetis

Juste pour dire bonjour

Aux quelques promeneurs

Perdus au milieu des mâts

Des cordages et filets

 

Je marche sans but

Porté par le vent d’autan

Un livre dans ma tête

Une histoire à découvrir

La Lune à comprendre

Un orage à redouter

Un arc en ciel le dessiner

 

Je voudrai courir

Après mes vingt- ans

Me perdre dans les effluves

Des champs de lavande

Chanter plus fort

Que les locales musiciennes

Les cigales oisives

En plein concert métallique

 

 

Encore je voudrai

Te dire combien le ciel

Se confond avec tes yeux

Combien les blés mûrs

Sont tes blonds cheveux

Caressant tes épaules

Ou quelques tâches de son

Accentuent le hâle

De ce si bel été

Passé à se regarder

A s’aimer sans comprendre

 

C’était hier

J’aimerai mieux demain

 

Texte protégé Rémi dit Pilatom 17/02/2017

Libre plume

 

Ecrire sans réfléchir

Partir sans se retenir

Ma plume est en goguette

Un peu folle

 

Tantôt distraite

Soudain tristounette

La voici guillerette

Prête à s’affranchir

De mots retenus

Du joli monde

Des propres sur eux

 

La coquine joue

Ose, jongle

La Fripouille chatouille

Les oreilles des plus chastes

Taquine les mégères

Offusque les oies blanches

Bafoue les codes établis

 

Vous n’aurez pas ma plume

Vous ne l’achèterez pas

Elle n’est pas à vendre

Ne se prostitue pas

Ce n’est pas une plume de joie

Ne vous y trompez pas

 

Et prenez garde

Elle est capable de vous écorcher

Si vous la titillez

 

Alors un conseil

Dites lui qu’elle est belle

La plus fine, la plus agile

Elle se fera pour vous

Câline, lutine, divine

Reine des mots doux

Aimante et amante

Reine de la prose

 

Rémi dit Pilatom texte protégé 09/02/2017

Miracle de vie

Miracle de vie

Le front perlé de sueur,
Corps torturé de douleurs
Puis commence la transe

Devant cet inconnu
Tant et tant attendu.
Alors la peur intense

Jaillit au bord des lèvres
Couvre le corps de fièvre
Et rend le verbe sourd.

Haletant, imparfait,
Dans un geste défait,
Le cœur gonflé d’amour

L’ultime cri surgit.
Comme un fauve qui rugit,
Se ramasse, le corps s’arque.

L’habitacle soudain
Délivre son butin
Et son trésor débarque

Sur les rives de la vie
Doucement, sans bruit.
Dans le voile d’un silence

Apparait velours noir
Petite touffe d’espoir
Enfin la délivrance…

Un corps tremblant, rougi
Voici le miracle de la vie !
Dans l’intense émotion

Nous attendons son cri,
Son petit cri de vie
Au creux de nos passions

Gabrielle. E

Meurtrissure

Meurtrissure

Enfant d’un monde en perdition
Visage fleuri de tristesse
Envolé de ta jeunesse
Petit lutin, joyeux luron

D’une démarche d’automate
Voyage, destination enfer
Sur les routes de ta galère
Aux rivages bordés de stigmates

Le vent fouette ton visage
Insensible, tu passe seul
Perdu dans des brumes de linceul
Fantôme dans mon paysage

Et je te regarde, étourdie
Là, poings liés, lassitude
Souffrance de solitude
Aux défis de cet infini.

Gabrielle. E.

Toi, la Marie Jeanne, douceur mortelle

Il va à toi, fébrile, profane,
Ravi de braver l’interdit.
Ta saveur grise sa folie
En un long appel diaphane,
Appel charnel, mystérieux.
En volutes bleues, des rêves,
Son esprit, parcourent sans trêve.
Curieux chemin sinueux
D’un voyageur mégalomane.
La frénésie de l’aventure
Brutale inhibe la fracture,
Le parfum goûté condamne
Son être au plaisir des sens.
Désir impudique qu’enflamme
Le moi impatient et trame,
De vie, ses fils à contre sens.
Il glisse ses pas dans tes pas
Et te suis jusqu’au vertige,
Prisonnier dans les vestiges
Des souvenirs créés par toi.
Âme damnée, ta volupté
Déchire sa candeur virginale,
Le moi, ego transcendantal
Abuse sa raison troublée.
Il va dans ton imaginaire,
A l’abandon, laisse sa vie
Pour une vérité travestie
Loin, très loin de la lumière.
Seul, face au mur de silence
Il chavire sur le fil du temps,
Ta venue sans cesse attend,
Esclave de sa dépendance.
La folie gagne sa pensée,
Dégénérescence subtile
Sublime le songe futile
Et savoure ton mortel baiser.

Gabrielle. E.