Alda Merini

Viene il mattino azzurro
nel nostro padiglione:
sulle panche di sole
e di crudissimo legno
siedono gli ammalati,
non hanno nulla da dire,
odorano anch’essi di legno,
non hanno ossa nè vita,
stan lì con le mani
inchiodate nel grembo
a guardare fissi la terra.

Non avrei potuto
scrivere in quel momento
nulla che riguardasse i fiori
perché io stessa
ero diventata un fiore,
io stessa avevo
un gambo e una linfa.

Alda Merini

Vint le matin bleu
dans notre pavillon :
sur les bancs de soleil
et de bois très cru
s’assoient les malades,
ils n’ont rien à dire,
eux aussi sentent le bois,
ils n’ont pas d’os ni de vie,
ils sont là les mains
clouées sur le ventre
le regard fixe sur la terre.

Je n’aurais pu
écrire à cette époque
rien de ce qui concerne les fleurs
parce que moi-même
j’étais devenue fleur,
moi-même j’avais
une tige et de la sève.

-Alda Merini

Alda Merini est une grande dame de la poésie italienne née le 21 mars 1931 à Milan, décédée en 2009. Elle souffrait périodiquement de troubles mentaux qui lui valurent des séjours en hôpital psychiatrique. Sa poésie était simple et claire, une poésie entre sentiments et folie, écrite en vers libres.

(traduction de NLéon)

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